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« Animer, c’est donner vie, prendre soin de... »
Etymologiquement, le verbe ANIMER vient du latin « animare » qui signifie : donner la vie, encourager, rendre plus vif. Le terme ANIMATION de « Anima » = l’âme et « animus » = l’esprit, le souffle de vie.
C’est à dire la chaleur, l’entrain mis dans une action, dans une expression, dans un comportement afin de rendre plus vif, d’intéresser, d’inspirer quelqu’un...
Au sens général du terme, l’animation est « un ensemble de moyens et méthodes mis en œuvre pour faire participer activement les membres d’une collectivité à la vie de groupe. »
L’entrée de la personne âgée dans une institution de soins implique la vie en collectivité et les animations qui y seront proposées permettront à l’institution d’être en mouvement, dynamique...
L’atelier proposé (cuisine, peinture, musique...) est un moyen pour l’animateur -volontaire, de découvrir la personne âgée. L’animation ne crée pas le lien social, elle le favorise...aussi bien entre les participants, qu’entre les participants et l’animateur.
Au niveau individuel, le but de l’animation est de stimuler, chez la personne âgée :
Au niveau du groupe, le but de l’animation est de donner une âme, un sens et un intérêt à la vie en collectivité. Cela peut se faire en créant un climat, un dynamisme au sein de l’établissement visant à améliorer la qualité de vie de la personne âgée et faciliter l’adaptation à la vie communautaire.
Pour un public de personnes âgées, il est nécessaire d’identifier au préalable les besoins réels, leurs intérêts, leurs capacités, en visant au maximum l’autonomie de la personne.
Et non l’inverse, c’est - à - dire mettre en avant vos besoins et envies personnelles ! Le risque serait alors de voir leur intérêt pour l’atelier totalement dénaturé.
Par exemple : Vous êtes un passionné de musique et vous décidez de proposer un atelier musique, alors qu’aucun d’entre eux n’est musicien...celui-ci ne va pas rencontrer leurs attentes...C’est le flop assuré !
Néanmoins, trouvez un thème dans lequel vous vous sentez à l’aise. Si l’animation ne vous plaît pas, votre public va le ressentir directement. Il ne sera pas possible pour vous d’insuffler le dynamisme et le plaisir nécessaire pour la mener à bien ni de donner l’envie d’y participer.
Identifier également les besoins et les possibilités financières et structurelles de l’institution, celle-ci a également ses spécificités :
Il est important que vous vous intéressiez aux locaux afin d’organiser une animation la plus adaptée.
Dès que vous avez le thème de votre animation, pensez à la manière dont celle-ci va se dérouler, établissez la liste du matériel nécessaire et repérez le local adapté en fonction du public. Il ne vous restera alors plus qu’à demander l’accord de la direction de l’établissement. Plus l’animation sera bien pensée, concrète et maîtrisée, plus vous aurez de chance d’avoir cet accord.
Ce n’est que lorsque vous avez pensé aux trois points précédents que vous pouvez prévenir les personnes âgées de quand aura lieu l’animation, préciser de quel type d’animation il s’agit....Et surtout demander qui aurait besoin d’être véhiculé jusqu’au local...
N’oubliez pas de tenir compte des habitudes des personnes (repas, sieste,...) avant de fixer l’horaire.
N’hésitez pas à aller chercher les personnes dans leur chambre (sans les contraindre) en leur rappelant gentiment que c’est le moment de l’animation.
L’animateur est la personne chargée de l’encadrement d’un groupe, qui propose des activités, facilite les relations entre les membres du groupe, et suscite l’émulation, l’intérêt.
Il existe quelques règles d’or essentielles pour que la relation entre la personne et l’animateur se passe le mieux possible. Voici des attitudes positives :
Le RESPECT des résidents, de l’âge, de la personne vulnérable, de la parole donnée, de la confidence. C’est une marque de confiance. Une confiance déçue peut engendrer le doute et la solitude (repli sur soi).
Lorsque les personnes âgées sont atteintes de démences, étant donné la diversité de celles-ci, il faut être prudent dans nos tentatives relationnelles. Chaque type de démence est la conséquence d’une lésion précise et correspond donc à un trouble précis de la perception de l’environnement.
La vue, l’ouïe, l’odorat et le goût s’altèrent avec le vieillissement. Le toucher reste le moyen de communication qui reste le plus longtemps efficient.
Lors des ateliers, l’objectif n’est pas d’atteindre une productivité mais plutôt un état de plénitude. Contraindre la personne à venir à l’atelier équivaudrait à l’agresser. La productivité pourrait engendrer également un sentiment d’échec qui serait vécu comme une deuxième agression auprès des personnes âgées et le mal-être deviendrait alors général.
Concrètement, l’animateur doit répondre au désir de participation, stimuler les sens et éviter les sensations désagréables.
Exemple : Dans le cadre d’un atelier cuisine, il est plus intéressant que les personnes soient attirées par les odeurs liées à la confection de gâteaux, ce qui leur donnera envie d’y participer sans les avoir forcé.
L’animateur ne doit pas poser de gestes parasites ou précipités, mais adopter une attitude d’écoute et d’empathie qui incite les personnes à participer
Exemple : Si une personne s’approche du plan de travail et y saisit un ustensile, je lui laisse la place mais je reste vigilant à la manière dont elle l’utilise afin d’être présent en cas de difficultés ou de danger.
« Cela fait maintenant plus de deux ans que je côtoie quotidiennement des personnes âgées dans une maison de repos. Lorsque l’on parle « Animations », on peut penser qu’une longue préparation soit nécessaire...Pas du tout, que peut-on faire ?
Lorsque vous préparez près d’eux, avec eux, soit des gaufres, des crêpes, des pains dorés, ...Un agréable parfum se répand dans toute la maison, pour le plus grand plaisir de tous. Certains peuvent encore participer à la préparation de potages, d’une macédoine de fruits en coupant, nettoyant les fruits, les légumes. Dans un autre domaine, ils peuvent regarder un ancien film, écouter d’anciennes chansons ! Certains chantent en même temps, la joie se lit sur leur visage. Beaucoup de choses sont réalisables, jeux de cartes, de balles etc....
Pour l’avoir souvent vu et vécu, je peux vous dire que ces moments sont importants, apportant joies, satisfactions dans une vie devenue par nécessité parfois monotone. »
Chantal BALTUS – Responsable régionale de Verviers.
« Travailler comme volontaire est une expérience que je conseille à tout le monde. D’une part, c’est très enrichissant sur le plan humain. D’autre part, c’est pour nous les jeunes, un moyen d’ouvrir les yeux vers l’avenir. Par ce biais, nous pouvons observer et expérimenter de multiples professions, cela nous aide à nous orienter vers les options qui nous attirent ou au contraire à éliminer celles qui ne nous conviennent pas.
Dans la plupart des cas, nous sommes plus attirées par un travail avec les enfants plutôt qu’avec les personnes âgées. Nous avons souvent des appréhensions et des préjugés par rapport à ces dernières. Nous oublions que la personne âgée a été jeune, qu’elle a traversé les mêmes étapes que nous, qu’elle est formidablement riche d’expériences et qu’elle a beaucoup de choses à partager et à nous apprendre. Il faut briser le cliché de la personne âgée qui ne sait plus rire, voit la vie en noir et vit dans la solitude.
Dans la maison de retraite où j’ai « travaillé », j’ai découvert un lieu de vie chaleureux, lumineux et coloré où les résidents sont pris en charge par une équipe pluridisciplinaire (infirmières, aides- soignantes, kinésithérapeutes, ergothérapeutes...) dont l’objectif principal est d’apporter le bien-être aux personnes. La vie dans cette maison de repos est rythmée par des soins, des séances de rééducation et, pour les personnes qui le désirent, par de nombreuses activités manuelles, intellectuelles, sportives ou récréatives qui apportent de nombreux moments de détente, de plaisir et facilitent les contacts sociaux.
Lors de mes deux semaines de volontariat et d’activités partagées avec les résidents de cette maison de retraite, j’ai découvert des personnes attachantes, qui appréciaient beaucoup mes visites et auprès de qui je me sentais très utile. Le rôle de volontaire me paraît primordial car certains pensionnaires se déchargent plus facilement de leur mal-être auprès de quelqu’un ne faisant pas partie du personnel médical.
En conclusion je crois qu’il faut oser, comme jeune volontaire, franchir la porte des maisons de retraite car on ne peut que s’enrichir et ressortir grandi(e) avec en plus, la satisfaction d’avoir apporté quelques moments de bonheur aux personnes âgées. »
Je vais terminer cet article avec le poème qu’une vieille dame irlandaise a écrit avant de mourir... Il s’intitule « La vieille Dame ».
Tableau 1.
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Que vois-tu, toi qui me soignes, que vois- tu ? Quand tu me regardes, que penses-tu ? Une vieille femme grincheuse, un peu folle Le regard perdu, qui n’y est plus tout à fait, Qui bave quand elle mange et ne répond jamais, Qui, quand tu dis d’une voix forte « essayez » Semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais Et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas, Qui, docile ou non, te laisse faire à ta guise Le bain et les repas pour occuper la longue journée grise. C’est ça que tu penses, c’est ça que tu vois ? Alors ouvre les yeux, ce n’est pas moi ; Je vais te dire qui je suis, assise là si tranquille Me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu veux ; Je suis la dernière des dix, avec un père et une mère, Des frères et des sœurs qui s’aiment entre eux, Une fille de 16 ans, des ailes aux pieds, Rêvant que bientôt, elle rencontrera un fiancé. Mariée déjà à 20 ans. Mon cœur bondit de joie Aux souvenir des vœux que j’ai faits ce jour-là. J’ai 25 ans maintenant et un enfant à moi Qui a besoin de moi pour lui construire une maison. Une femme de 30 ans, mon enfant grandit vite, Nous sommes liés l’un à l’autre pour des liens qui dureront. |
Quarante ans, bientôt il ne sera plus là. Mais mon homme est à mes côtés qui veille sur moi. Cinquante ans, à nouveau autour de moi des bébés ; Me voilà avec des enfants, moi et mon bien-aimé. Voici les jours noirs, mon mari meurt. Je regarde vers le futur en frémissant de peur, Car mes enfants sont tous occupés à élever les leurs. Et je pense aux années et à l’amour que j’ai connus. Je suis vieille, maintenant et la nature est cruelle, Qui s’amuse à faire passer la vieillesse pour folie, Mon corps s’en va, à la grâce, et la force m’abandonne, Et il y a maintenant une pierre là où jadis J’eus un cœur. Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure Dont le vieux cœur se gonfle sans relâche. Je me souviens des joies, je me souviens des peines, Et à nouveau je sens ma vie et j’aime. Je repense aux années trop courtes et trop vite passées, Et accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer Non la vieille femme grincheuse. Regarde mieux, tu me verras ! |
Laura Bayers et de Patricia, Volontaires avec la participation de Joëlle,
ergothérapeute à la Maison de repos St-Joseph de BLEGNY